Appel pour moderniser l’organisation des grandes cultures

Pour la cinquième année consécutive les producteurs de blé ne dégagent pas de revenu décent. Nous sommes le pays qui compte le plus d’organisations professionnelles pour les grandes cultures et malgré cela nos agriculteurs sont rémunérés au cours mondial !

Pourtant, quand l’office du blé a été créé en 1936, il s’était ensuivi un doublement des prix des céréales en 2 ans. Nos instances céréalières ont perdu leur efficacité ! Pour flatter nos paysans, nous lisons souvent que les exportations françaises de blé représentent l’équivalent d’un Airbus par semaine. Hélas, c’est la valeur de 3 Airbus par semaine qui devrait être réinjectée dans les campagnes françaises si les céréales n’avaient pas été dépréciées, avec un prix divisé par 3, en monnaie constante, ces 30 dernières années. Du côté des oléoprotéagineux, les parents pauvres des grandes cultures dont la production est beaucoup moins développée en Europe que sur le continent américain, nous avons dévalorisé nos graines en les estérifiant pour faire rouler nos voitures diesel. Ce n’est pas comme cela que nous deviendrons autosuffisants en huiles alimentaires et protéines végétales.

Comme chez nos concurrents, grands pays producteurs, il est important que notre approche des grains soit globale. Quand on parle de l’assolement américain, c’est : blé, maïs, soja ! En Australie ou au Canada on parle de « grain growers », pas des céréaliers. Pour inculquer cette nouvelle culture dans les esprits français puis européens, tant au niveau des producteurs que des collecteurs ou des pouvoirs publics, il faut réaliser des changements dans les instances concernées. L’OPG propose, au-delà de la fusion des Conseils spécialisés céréales et oléoprotéagineux de FranceAgriMer qui devrait enfin être réalisée en 2019 :
une fusion des interprofessions Intercéréales et Terres Univia,
une fusion des instituts techniques Arvalis (céréales) et Terres Inovia (oléoprotéagineux).

Ceci permettra de mettre en évidence un besoin d’approche globale pour ces productions et éclairera les pouvoirs publics sur la cohérence des décisions à prendre. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, nous accumulons les échecs car l’État se comporte comme un chef d’armée qui agirait sans coordonner les actions de l’infanterie, de la cavalerie et de l’artillerie.

Si cette approche semble évidente, il existe pourtant des freins qui ont anéanti les performances économiques de nos agriculteurs. À commencer par les syndicats de grandes cultures qui, au lieu d’être unis, sont divisés et ne s’entendent pas entre eux. Il est incohérent de vouloir défendre séparément les céréales à paille, le maïs et les oléoprotéagineux car toutes ces grandes cultures sont produites par les mêmes hommes dans les mêmes plaines. Horace a triomphé des 3 Curiaces en les attaquant un par un. Si les 3 frères avaient été unis, le sort de la tragédie de Corneille aurait été différent. Nous avons des syndicats – qui ressemblent plus à des organisations de filières que de paysans – qui ne connaissent pas leurs adhérents, qui sont financés par les organismes collecteurs de grains, coopératifs ou privés. C’est comme si un patron retenait une cotisation syndicale sur les bulletins de salaire de ses employés, en faisant pour eux, bien évidemment, le choix du syndicat le moins revendicatif…

Après avoir remis nos organisations en ordre de marche, il sera indispensable de promouvoir ce modèle au niveau européen et de nous faire des alliés pour obtenir une majorité face à des pays de culture libérale qui n’ont pas encore pris conscience de l’intérêt de l’agriculture.
C’est alors qu’apparaîtra comme une évidence le déficit en grains de l’UE.

Ayant pris conscience de cela, l’horizon se dégagera et se dessineront de nouveaux systèmes vertueux :
1 – Les objectifs du traité de Rome s’imposeront à nouveau comme la ligne à suivre pour la PAC,
2 – Nous ne chercherons plus à exporter 23 Mt de blé de qualité avec une parfaite traçabilité et à haute teneur en protéines, pour contre-balancer l’importation de 15 Mt de maïs, et de 32 Mt de soja, tous deux OGM et produits dans des conditions qui ne répondent pas aux exigences européennes,
3 – Nous constaterons qu’il est choquant d’estérifier nos huiles de colza ou de tournesol et d’importer de l’huile de palme pour la consommation humaine,
4 – Nous pourrons améliorer nos assolements et nos rotations en introduisant des légumineuses tout en réduisant notre dépendance protéique,
5 – L’équilibre naturel entre toutes les productions se rétablira : les céréales et les oléoprotéagineux ne seront plus les boulets qui plombent les prix de toutes les autres productions agricoles (légumes, fruits et productions animales),
6 – Nous assisterons à un redressement économique de toute l’agriculture européenne qui ira de pair avec les attentes sociétales.

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