
Lors du dernier comité national d'orientation et de suivi Ecophyto, le Ministre Bruno Le Maire prenait acte, après 3 campagnes, des mauvais résultats du plan, mais, « droit dans ses bottes », il considérait que 50 % de réduction était toujours l'inamovible cible à atteindre.
Il était prévisible que les travaux des 9 axes de travail ne portent pas leurs fruits aussi rapidement, mais M. Le Maire semble avoir oublié les études préliminaires de l'INRA qui concluaient que l'objectif « politique » du plan serait techniquement impossible à atteindre ?
La formation Certiphyto est un bel outil qui alimente nos chambres d'agriculture et autres organismes, mais qui phagocyte le budget des formations auxquelles auraient pu participer les agriculteurs contributeurs de ce même budget.
Sera -t-elle efficace sur la réduction des phytos ? Rien n'est moins sûr car si cette formation apporte un avertissement sans doute utile sur la dangerosité des produits, elle n'offre que peu de solutions aux réductions de doses qui sont pourtant l'objectif du plan.
Les phytosanitaires sont en grande majorité prescrits et vendus par les coopératives et les négoces qui retirent de cette opération de substantiels revenus. Sont-ils prêts à réduire de moitié cette ressource ?
Plutôt que de culpabiliser les agriculteurs sur leurs traitements, n'aurait-il pas été plus logique de responsabiliser tous ces services commerciaux et d'analyser les sources de blocage ?
Nous avons assisté cet automne à une recrudescence des traitements insecticides sur les semences de colza. Cet été les traitements aériens contre la pyrale du maïs, ont été encouragés avec l'argumentaire qu'au prix où était la céréale, il fallait la protéger. Voici deux cas très proches qui ne vont pas dans le sens d'Ecophyto et pour lesquels les agriculteurs ne sont pas les instigateurs principaux.
Il est évident que le ministère de l'Agriculture aurait dû identifier les initiateurs d'une éventuelle sur-utilisation de phytos et analyser avec eux les solutions à envisager. Quant au Certiphyto, une communication simplifiée sur les mesures de sécurité et de santé n'aurait-elle pas été mieux adaptée ?