
En nous taxant pour avoir le droit d'utiliser nos propres graines, la filière des semences, composée de sociétés semencières, des coopératives et négoces et hélas de représentants de structures agricoles consentants, joue une sale tour à l'ensemble des agriculteurs, qu'ils soient éleveurs ou producteurs de grains.
La CVO Recherche (cotisation volontaire obligatoire) que les céréaliers connaissent bien puisqu'elle est appliquée sur les ventes de blé tendre depuis plusieurs années, va être généralisée à pratiquement toutes les espèces autogames que nous produisons (colza, pois, orge, blé dur, triticale, soja ….).
Un argumentaire avait cependant été bien développé auprès des députés par la Coordination Rurale et les autres structures présentes au sein de la coordination nationale des semences fermières (CNDSF) portant sur les intérêts : économique pour les agriculteurs, environnementaux du fait de l'adaptation et de la réduction des doses des traitements de semences, de la facilitation de l'utilisation pour les engrais verts. Ce droit ancestral vient d’être retiré aux agriculteurs ; les députés ont été séduits par le discours de M. Beulin qui est allé jusqu'à proposer de taxer à la surface les éleveurs chez qui la visibilité des emblavements n'est pas évidente.
Même aux Etats-Unis, pays de Monsanto, les semences fermières sont libres pour les variétés non OGM. Le ministre de l’agriculture ose transformer cette capitulation face aux firmes en victoire pour les agriculteurs en intitulant son communiqué du 29 novembre 2011 communiqué : « La France conforte un modèle de protection de l’innovation plus souple que celui du brevet ». Tout est dans l’art de communiquer !
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