Le blé dur : un échec de la PAC

blé durAlors que le blé dur se négocie aujourd’hui à plus de 450 € la tonne rendu port, que les Etats-Unis se disent prêts à acheter cette céréale à 500 € la tonne et que certains experts n’hésitent pas à qualifier cette céréale « d’or noir des céréaliers », il serait bon d’analyser les raisons de l’échec de l’implantation de cette culture chez nous.

La caractéristique de la culture du blé dur est, outre une plus grande fragilité de la plante (que le blé tendre),  sa grande vulnérabilité aux conditions humides.

A la fécondation, en 3 ou 4 jours, sous l’effet de la pluie, plusieurs formes de fusarium peuvent pénétrer les organes floraux et atteindre les futurs grains qui seront impropres à la consommation. De même, des pluies à quelques jours de la récolte mitadineront les grains qui perdront leur aspect vitreux et deviendront moins efficaces pour la fabrication des pâtes ou de la semoule. Des situations stressantes se traduiront aussi par des effets de moucheture sur les grains qui perturberont les semouliers.

Il y a donc un aspect aléatoire à cette culture qui, d’une année à l’autre, aura un rendement de 3,5 à 6 tonnes par hectare (la moyenne est de 4,9 tonnes en 2014), avec des qualités très variables.

Face à ces caractéristiques, la culture du blé dur s’est régionalisée (aussi bien en France qu’au Canada) en s’installant dans des espaces où statistiquement, les mois de mai, juin juillet étaient les plus secs.

La technologie de fabrication des pâtes n’est pas d’une grande sophistication et les semouliers voient 75 % du prix de revient de leur produit fini constitué du prix du blé dur (la problématique est très éloignée de celle du pain et du blé tendre).

Au regard de cet élément, la PAC s’était donné comme objectif en 92 d’aider spécifiquement les producteurs de blé dur pour éviter que les surfaces ne baissent trop et que le prix du blé dur s’envole.

Au fil du temps, et avec la boulimie financière qu’on leur connaît, les semenciers ont mis tout en œuvre pour « flécher » cette aide directement vers leurs caisses. L’aide spécifique « blé dur » est devenue une aide à la filière semence au point que l’obligation d’achat de semence certifiée revenait plus cher à l’agriculteur que le montant de l’aide qui lui était attribuée. La situation est devenue tellement ubuesque que de nombreux producteurs, utilisateurs de semences fermières,  préféraient déclarer le blé dur en « non aidé ».

Résultat, les producteurs ont fui cette culture trop aléatoire sur le plan qualitatif et quantitatif.

Si les consommateurs voient le prix des pâtes grimper, ils pourront en grande partie s’en prendre à M. Ciolos et à ses prédécesseurs.

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