Loi EGAlim, le lobbying des coops et de l’export fait échouer nos espoirs de libre commercialisation

Malgré plusieurs amendements déposés par de nombreux députés visant à enfin libéraliser le commerce des céréales, la CR et l’OPG déplorent l’opposition du rapporteur et du ministère de l’Agriculture. Ce privilège français de la collecte des grains handicape la compétitivité des céréaliers et des éleveurs. Entre un éleveur de porc et un céréalier, le passage par un intermédiaire représente une perte de 15 000 €/an pour les agriculteurs.

Plus de 95 % des agriculteurs souhaitent la levée de cette interdiction, toutes tendances syndicales confondues. Ceci veut dire que 95 % des adhérents de l’AGPB revendiquent aussi cette libre commercialisation, en contradiction totale avec la position de leur bureau qui freine à bloc, car ses membres sont des présidents de coops…

L’OPG dénonce les mauvais comportements des collecteurs qui agissent contre les producteurs en :
– bénéficiant de ce privilège de collecte qui dans de nombreux départements se traduit par des situations de monopôle,
– achetant chaque année 500 000 t de maïs ukrainien, au mépris de la préférence communautaire,
– ayant toujours refusé le rééquilibrage de production en faveur des oléoprotéagineux pour favoriser une production excédentaire en céréales,
Finalement, les collecteurs ne se gênent pas pour utiliser tout ce qu’ils peuvent comme moyens afin de maintenir un prix du blé bas. Dans la crise que traversent les producteurs, ils ne sont absolument pas solidaires.

Quant à l’argument sanitaire, il ne tient évidemment pas, c’est un gros mensonge, car quand notre grain, stocké à la ferme, part en camion il va directement chez l’utilisateur sans passer physiquement chez le collecteur. Les céréaliers sont des professionnels, ils connaissent les normes de qualité des céréales. Dans cette logique, il faudrait interdire la vente directe de vins à la propriété, de fromages au marché et les AMAP !

Curieux cet amendement d’une députée LREM qui voulait restreindre la libre commercialisation à des livraisons maximum de 500 Kg dans un environnement géographique limité aux communes voisines ? Pendant ce temps, les collecteurs ont des silos sur plusieurs départements, ils ont réalisé des investissements en Russie, ils ont déjà obtenu les camions à 44 t et demandent maintenant à charger encore 4 tonnes de plus ! On nous prend vraiment pour des ploucs, comme si nous allions livrer notre blé à pied avec une brouette !

Le plus hypocrite dans tout cela, c’est que lors du dernier conseil céréales de FranceAgriMer, le 16 mai, où le ministère de l’Agriculture était présent, il a été annoncé que le chiffre dit « de l’autoconsommation » augmentait de manière surprenante. Dans la discussion qui s’en est suivie, l’assemblée a pris conscience que ce chiffre intégrait également la libre circulation qui commence à se développer fortement. La CR a expliqué ce phénomène grandissant en disant que de nombreux agriculteurs ne pouvaient plus se satisfaire des prix pratiqués dans les circuits de commercialisation traditionnels.

Le gouvernement et le rapporteur du projet EGAlim ont donc refusé de voir la réalité, au mépris des paysans.

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