
La loi sur les obtentions végétales poursuit son inexorable avancée. Après un passage au sénat en juillet dernier, la voici passée devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée Nationale qui l'a adoptée sans sourciller, et ce malgré les interventions de la Coordination Rurale, la Coordination Nationale de Défense des Semences Fermières, la Confédération Paysanne et d'autres associations.
Ce n'est pas encore perdu pour les défenseurs des semences fermières, mais une mobilisation sera absolument indispensable, le 28 novembre, pour convaincre les députés qui devront se prononcer en assemblée plénière.
Espérons que la raison l'emportera, mais les premiers politiques consultés ont été séduits par le discours de M. Beulin qui veut étendre la réglementation actuellement en vigueur sur le blé tendre à 21 autres espèces. Dans ce contexte les CVO vont petit à petit se généraliser à toutes les espèces autorisées, les autres étant interdites à l'auto production de semences. La proposition du Président de la FNSEA est allée jusqu'à taxer à la surface les éleveurs chez qui la visibilité des emblavements n'est pas évidente.
Les argumentaires ont pourtant été bien développés auprès des députés : intérêt économique pour les agriculteurs au détriment des sociétés semencières, intérêts environnementaux du fait de l'adaptation et de la réduction des doses des traitements de semences, de l'utilisation facile pour les cultures pièges à nitrates ou de couverture… et un droit retiré aux agriculteurs alors que celui-ci perdurait depuis la nuit des temps.
Les intérêts de structures comme Sofiprotéol, partenaire financier des sociétés de semences (comme Euralis semences, RAGT génétique, Limagrain, Serasem …) seraient-ils plus forts que l'affaiblissement des agriculteurs ? C'est la question qui sera posée aux députés et que nous vous engageons à leur soumettre localement pour les placer devant leurs responsabilités.