Suppression de l'amendement GIEE : lettre ouverte à M. Germinal PEIRO

La Coordination Rurale a adressé une lettre ouverte à M. Germinal Peiro (Député mais également Rapporteur du projet de loi pour l'avenir de l'agriculture) au sujet de l'amendement GIEE. Consultez ci-après l'intégralité du courrier :

 

Monsieur le Député,

Nous venons d'apprendre la suppression de l'amendement à la loi dite « d’avenir agricole » autorisant les membres de GIEE à disposer d'un "privilège", à savoir le droit de vendre les céréales qu'ils ont produites à un autre membre du GIEE plutôt que d'être obligés de le vendre à un organisme "déclaré".

En tant que rapporteur vous avez justifié cette suppression par le fait que le contrôle comme la connaissance du marché vous apparaissaient toujours comme des éléments primordiaux de la politique agricole. Ceci nous inspire quelques réflexions :

Cette faculté offerte aux membres de GIEE aurait donc selon vous rendu difficile le contrôle du marché. Pourtant cette notion n'est, à notre connaissance, pas partagée par l'Autorité de la Concurrence puisqu'elle condamne à tout coup les tentatives de contrôle de marché ! (Les endiviers notamment en savent quelque chose...).
Si c'est le souhait du lobby coopératif et du négoce des céréales de vouloir garder le contrôle du marché vous comprendrez peut-être, Monsieur le Député, la difficulté que nous, producteurs, avons à admettre cette soumission de notre représentation nationale à des intérêts si éloignés de l'intérêt général.

Quant à la connaissance du marché qui serait obscurcie par cet espace de semi-liberté accordé à quelques producteurs, vous devriez alors aussi interdire le stockage à la ferme des céréales par l'ensemble des céréaliers qui le pratiquent puisque les volumes stockés n'apparaissent dans les registres de FranceAgriMer que lorsqu'ils sont vendus, parfois la veille de la récolte suivante. De même, il conviendrait que vous interdisiez l'autoconsommation des céréales par les céréaliers-éleveurs (qui sont les plus compétitifs) puisque les volumes autoconsommés échappent au "contrôleur du marché" et nuisent à la connaissance de celui-ci.
Cette entrave permettant selon vous le contrôle et la connaissance des marchés, les producteurs doivent donc considérer ceux qui contrôlent le marché comme directement responsables de la chute vertigineuse de leur revenu.

Comme nous vous l'avons exposé à plusieurs reprises cette singularité française d'entrave au libre commerce des céréales représente un surcoût structurel et conséquent pour les éleveurs dont vous ne devriez pas ignorer les difficultés qui en font d'ailleurs disparaître d'année en année un nombre de plus en plus grand.
L’économie « circulaire » que vous dites vouloir protéger en évitant aux intermédiaires la concurrence vient attaquer de front l’économie des circuits courts dont nous pensions qu’elle était votre favorite.

Nous avons écouté avec attention le discours prononcé dans le Gard Dimanche par le Premier ministre : « Nous le voyons tous : il y a trop de blocages. La France est entravée, coincée, tétanisée » et puis : « Ne pas bouger, c'est commencer à perdre ». Vous, hier soir, vous avez dit : « Nous ne souhaitons pas ouvrir de brèche dans un dispositif mis en place par le Front populaire en 1936 et qui visait à contrôler la production de céréales dans notre pays, en particulier de blé, qui sert à faire le pain ».

Il ne vous faudra donc pas être surpris que les agriculteurs manifestent leur rejet de cette loi assise sur les privilèges du passé et décidée par des élus coupés des réalités agricoles mais vécues douloureusement par ceux qui nourrissent les autres.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Député, en l'assurance de notre considération distinguée.


Bernard LANNES
Président de la CRUN

Nicolas JAQUET
Président de l'OPG


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